Onegin à l’Opéra de Montréal : un calibre de niveau international


Etienne Dupuis - Onéguine Nicole Car - Tatiana- Opéra de Montréal

Dire que l’Opéra de Montréal met la barre haute avec sa première production de la saison, c’est un truisme que personne n’oserait contester. Qui plus est, en ce début de rentrée culturelle (ma période préférée de l’année), il serait sacrilège de passer à côté de l’un des meilleurs spectacles que l’Opéra ait produit depuis bien des années. Tout, mais absolument tout de cette production, est irréprochable, tant pour les yeux que pour les oreilles.

Un opéra digne des plus grands Tsars 

Il faut d’abord savoir qu’Eugène Onegin se déroule à l’époque de la Russie impériale, alors que le romantisme grandiose de l’époque était à son apogée. On pense ici à l’empire des Romanov et tout ce que cela implique en terme de faste et d’extrême richesse. La haute société russe était à la fois frivole et oisive, à des années lumières des tragédies qui affligeraient ce pays au tournant du siècle. 

Carolyn Sproule - Olga - Onéguine Nicole Car - Tatiana- Opéra de Montréal
Crédit photo: Yves Renaud
Carolyn Sproule en Olga et Nicole Car en Tatiana

En ce sens, Eugène Onegin s’inscrit parfaitement dans le courant de son époque, alors que l’histoire de Tatiana et d’Onegin en est une d’opportunités manquées et d’amours déçus, le tout sur fond de soirées mondaines dans de belles demeures bourgeoises. 

Musicalement parlant, on baigne également dans le romantisme russe du 19èmesiècle avec Tchaïkovski. Une partition orchestrale imposante, des lignes vocales aux mélodies inoubliables, tout y est pour nous transporter dans la nostalgie de cette splendide époque révolue.

Etienne Dupuis - Onéguine - Opéra de Montréal
Crédit photo: Yves Renaud Étienne Dupuis en Onegin

Dupuis et Car : un couple qui n’a pas fini de faire jaser

Parlons maintenant des chanteurs. Dans le rôle-titre, nous avons un Étienne Dupuis en pleine forme, dont la dernière performance à l’Opéra de Montréal remonte à 2017 dans Another Brick in the Wall. Son baryton riche a gagné depuis en couleur et le rôle d’Onegin lui sied à merveille, tant vocalement que physiquement. On comprend ce qui attire Tatiana, tout en le détestant un peu quand même. 

Quant à Tatiana, elle est incarné avec brio par la magnifique Nicole Car. Son soprano ambré est brillant dans tout le registre et projette aisément au-dessus de l’orchestre. Son interprétation de la partition est nuancée et pleine de contrastes, en particulier lors de la scène de la lettre, qui lui aura valu de longs applaudissements sentis. 

Etienne Dupuis - Onéguine Nicole Car - Tatiana- Opéra de Montréal
Crédit photo: Yves Renaud
Étienne Dupuis en Onegin et Nicole Car en Tatiana

Fait intéressant à noter : Étienne Dupuis et Nicole Car forment un couple dans la vraie vie et c’est à se demander si leur chimie électrique est vraiment feinte à 100%. Peu importe, c’est du bonbon pour les spectateurs !

Une distribution à la hauteur de la tâche

Pour ce qui est du reste de la distribution, on a également affaire ici à des chanteurs d’opéra de haut calibre. En effet, absolument personne ne déçoit, ce qui est très rare ! Que ce soit la pétillante Olga de Carolyn Sproule, dont la voix match parfaitement le physique, ou encore le Lenski éconduit d’Owen MacAusaland, au ténor sans défaut, tout le monde est dans son élément.

Etienne Dupuis - Onéguine - Opéra de Montréal
Crédit photo: Yves Renaud
Étienne Dupuis en Onegin

On notera également Spencer Britten, jeune artiste de l’Atelier Lyrique de Montréal dont le Monsieur Triquet caricature avec brio le stéréotype du gentilhomme aristo français, ainsi que Denis Sedov en Prince Gremin droit et irréprochable. 

Si vous ne l’avez pas senti jusqu’à présent, cette production est un gros coup de cœur pour moi et je vous invite fortement à vous y précipiter pendant qu’il est encore temps. Pour réserver, c’est par ici

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