Un Figaro classique et réussi à l’Opéra de Montréal


Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart

Alors que la rentrée culturelle bat son plein dans notre belle ville, l’Opéra n’était pas en reste quant à son offre pour lancer la saison 2023-24. En effet, le coup d’envoi a été donné cette année avec un favori du répertoire: Le Nozze di Figaro!

Personnellement , j’ai toujours été d’avis que cette oeuvre était sans doute l’une des plus accessibles du genre opératique, avec peut-être Carmen comme seule concurrente.

Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart
Crédit photo: Vivien Gau

Une oeuvre où prime le dialogue

Si l’on peut retenir une chose des Noces, c’est les échanges de dialogue par le billet des recitativo (une technique de composition imitant le langage parlé), entre les personnages.

En effet, alors que dans beaucoup d’opéras priment les aria ou airs d’opéra, ce qui distingue la partition des Nozze di Figaro sont précisément les récitatifs de haut voltige, donnant au texte inspiré par le roman de Beaumarchais une résonance plus grande que nature. Il faut cependant les bons interprètes pour donner du relief au tout!

Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart
Crédit photo: Vivien Gau

Une magnifique distribution

À ce niveau, nous étions gâtés mardi dernier. La distribution était presqu’exclusivement canadienne et une grande majorité d’entre eux était issue de l’Atelier Lyrique, le programme de perfectionnement pour jeunes artistes de l’Opéra de Montréal.

Le Figaro campé par le baryton croate Leon Košavić était flamboyant, tant vocalement qu’en termes de jeu, et il avait la dose d’impertinence requise par le personnage. Andrea Núñez était parfaite en Susanna: piquante dans l’incarnation de la soubrette tout en maintenant une voix lumineuse et légère, ce qui donnait de beaux contrastes. C’est le genre de Susanna qui me plaît, versus des castings parfois un peu trop lourd pour ce genre de rôle.

Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart
Crédit photo: Vivien Gau
Susanna et Figaro

La Comtesse, interprétée par la soprano canadienne Kirsten MacKinnon, était l’élégance personnifiée physiquement et vocalement. Son Porgi Amor était tout simplement magnifique et m’a presqu’émue aux larmes, chose rare pour cet air! Pour sa part, Hugo Laporte brillait en Comte Almaviva, avec l’aisance vocale et scénique habituelle qu’on lui connait.

Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart
Crédit photo: Vivien Gau
La Comtesse

Quant au Cherubino chanté par Katie Fernandez, on y croyait et on riait avec lui (elle). Les autres personnages de soutiens, Marcellina, Don Curzio, Barbarina et Antonio interprétés respectivement par Rachèle Tremblay, Angelo Moretti, Emma Fekete et Matthew Li, avaient également tous le bon casting.

Sur scène et dans la fosse

Pour ce qui est de l’Orchestre Métropolitain, qui était dirigé pour la première fois par Nicolas Ellis, les musiciens étaient en pleine forme et la direction pleine de verve a sans doute contribué à donner une nouvelle fougue à ce canon du répertoire.

Sur scène, on était sur une mise en scène et des costumes plutôt classiques, mais le dispositif de l’arbre généalogique pivotant, se transformant tantôt en chambre de la Comtesse, tantôt en jardin, était un ingénieux stratagème.

Opéra de Montréal - Le Nozze di Figaro - Mozart
Crédit photo: Vivien Gau

La saison ne fait que commencer!

Ce premier opéra n’était que le début d’une belle aventure. En effet, la saison 2023-24 de l’Opéra de Montréal sera remplie de bijoux musicaux, dont l’Incoronazione di Poppea de Monteverdi et La Traviata! Vous pouvez profiter de tarifs avantageux en vous abonnant et de tarifs spéciaux pour les 34 ans et moins. Sur ce, bonne rentrée!

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